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Titre du blog : Cours de classes préparatoires
Auteur : MaxAdmin
Date de création : 14-11-2016
 
posté le 14-11-2016 à 11:49:58

Genèse de la mondialisation

 

  1. Crise et restructuration de l’économie mondiale des années 70 jusqu’en 2000.

 

Les années 70 marquent une forte rupture dans un cycle de croissance qui a débuté dès l’après-guerre (1945) et à partir de ces années commence une nouvelle période de récession, de très forte instabilité – le terme de « crise » étant assez inapproprié.

 

 

  1. L’inauguration d’une ère nouvelle et instable.

 

 

1.1. Le choc de l’automne 1973.

 

 

L’année 73 commence de manière optimiste mais avec le recul, elle apparaît comme étant déraisonnable. C’était surtout un optimisme politique, la guerre du Vietnam prenait progressivement fin et un optimiste économique avec une détente qui commence dans les années 62 avec une ouverture de la conférence d’Helsinki en 1973 dont les conclusions arrivent en 1975.

Les OPEAP prennent une décision unilatérale qui est celle de l’↗ du prix du pétrole suite à la guerre du Kippour/d’Octobre (conflit israélo-arabe) dès octobre 73 mais à ce moment-là, on ne fait pas tellement attention à cette dimension économique, on ne pense qu’à la dimension politique avant de prendre conscience de l’incidence économique. De plus, certains pays (surtout les EU) sont assez satisfaits de cette réévaluation du prix de pétrole car cela permet de rendre rentable leur propre exploitation nationale : un pétrole qui devient moins cher à exploiter aux EU qu’à importer depuis les pays arabes.

Cette augmentation du prix du pétrole se fait progressivement sur trois mois, la conférence de l’OPEP à Téhéran (décembre 73) constitue la décision définitive –le prix a été quadruplé. Après cette dernière décision, les 1ères victimes (Europe et Japon) sont hantées par la pénurie du pétrole car l’OPEP décide l’↗ des prix mais dans un même temps de la ↘ de l’exportation de pétrole, ce qui entraîne de manière mécanique l’↗ du prix du pétrole.

Le Japon met tout en œuvre pour assurer une sécurité d’approvisionnement énergétique. 

Rationnement d’essence, limitations de vitesse et incitation à ralentir la production dans les entreprises.

En Europe, 60% de l’énergie nécessaire à la consommation et à la production est une énergie pétrolière : impact considérable de l’↗ du prix du pétrole et sa raréfaction.

On découvre la dépendance énergétique mais aussi la capacité du TM à trouver des moyens efficaces pour se faire entendre. Peu considéré, ce TM devient capable de réagir vis-à-vis des pays riches.

 

Ce 1er choc pétrolier provoque un retournement spectaculaire de la conjoncture avec :

 

Tout d’un coup, dans le paysage économique, interviennent les pays du TM. Il sen profitent pour se réunir lors d’une des conférences du CNUCED à Alger pour demander un « nouvel ordre économique international » (NOEI) : ces pays du TM décident que dorénavant le commerce s’effectue de manière différente et ne soit pas lié qu’aux seules décisions des pays riches. Les pays exportateurs ne veulent plus être victimes de l’échange inégal et de la dégradation des termes de l’échange. De plus, ils veulent en profiter pour reprendre en main l’exploitation de leurs ressources déjà exploitées par des FTN. 

Face à ces conditions nouvelles, on voit que le TM impose certaines de ces décisions et l’Occident quant à lui, manque d’unité. Certains pays comme le Canada et l’Australie profitent de cette ↗ du pétrole pour encourager la formation de cartel car ils sont eux-mêmes exportateurs de pétrole et de matières premières. Au contraire, d’autres pays comme le RU, la France et le Japon complètement dépendants négocient individuellement des accords de livraison avec les pays exportateurs.

 

Il s’agit donc d’une 1ère inflation exogène (qui vient d’un phénomène extérieur : le choc pétrolier) qui donne lieu à une inflation endogène.

Celle-ci est liée à l’augmentation des salaires dans les pays occidentaux pour suivre l’↑ des prix et permettre aux populations de conserver ±leur pouvoir d’achat.

Autre effet : hémorragie des devises parce que les pays sont obligés de payer avec la monnaie en stock, le dollar et des balances commerciales qui deviennent déficitaires.

Autre effet : ralentissement de la croissance car elle demande le ralentissement de l’activité économique. Les pays riches doivent accepter le développement du chômage, la ↓ de la consommation, ils rentrent dans une forme de récession nationale mais aussi internationale.

 

C’est à ce moment-là qu’on se rend compte que le « carré de Kalder » est impossible.

Kalder est un économiste keynésien du 20ème siècle ayant élaboré un schéma au cours des années 50 appelé « le carré magique ». Il est constitué de quatre principes de fonctionnement économique : la croissance, l’inflation, la balance commerciale et le chômage.

1er résultat de l’analyse  Le carré montre que les pays sont dans l’incapacité, ne seront jamais capable d’atteindre cette situation idéale.

2ème résultat de l’analyse : on comprend les relations entre chaque composant du carré. Toutes les politiques qu’on met en place sont insuffisantes.

Soit on accepte le chômage, soit on accepte l’inflation.

La théorie du carré magique ne correspond pas tout à fait à la réalité mais laisse quelques surprises comme par exemple l’extension de la crise qui a des répercussions sur l’ensemble des pays ainsi que sur les pays sous-développés qui ont une consommation faible et sont victimes des prix. Les pays socialistes sont à leur tour touchés mais plus indirectement car ils étaient déjà dans une crise économique dès 70.

Extension géographique de la crise sans logique de diffusion : des EU durement touchés d’abord puis qui s’en sortent correctement puis une France touchée tardivement mais plus fortement dans la durée.

Autre surprise, on constate une moindre brutalité car on s’entend à une crise de l’ampleur de celle des années 30 mais pas de crise boursière, pas/peu de contraction des échanges de marchandises et financiers.

Dans ces années 73-74, même la poussée de chômage ne semble pas aussi violente.

 

Face à cette crise, différentes interprétations souvent inadéquates :

Mais ces analyses étant fausses, les réponses sont maladroites. Les gouvernements d’abord passifs, réagissent en menant des politiques déflationnistes (faire en sorte que les gens consomment moins pour moins dépenser) qui aggravent les choses : ↗ du taux de chômage car l’activité est ralentie.

Les entreprises réduisent leur production, accumulent les stocks, donc pas de vente d’où faillite.

 

 

1.2. La rupture des équilibres fondateurs et révélateurs de la croissance des Trente Glorieuses.

 

 

Des événements antérieurs au choc pétroles.

 

Elle s’accélère mais n’apparaît pas avec le choc pétrolier car elle existait déjà auparavant. 

Entre 1962 et 1972, elle était de l’ordre de +4% pour les pays de l’OCDE. En 1973 : +8% et en 1974 : +13,3%.

Elle se produit dans un contexte économique nouveau : inflation, production qui régresse et chômage qui se développe.

Causes de cette inflation :

L’opinion publique accepte cette inflation car on estime qu’elle est la contrepartie de la période de prospérité. Elle est tolérée et laisse même indifférent quand cela intervient dans une économie de plein-emploi.

L’↗ du prix du pétrole n’est pas la cause de l’inflation.

 

 

Pas d’arrêt de la croissance mais un rythme plus modéré. On passe d’un rythme de l’ordre 5 à 6% (TG) à 2-3% dans les années 70.

Causes du ralentissement : 

 

 

Explosion du chômage qui n’est plus conjoncturel mais structurel.

Jusque les années 60, la pensé keynésienne est très forte, elle stipule que le chômage est lié à un événement particulier comme un choc pétrolier or on constate progressivement que le chômage devient permanent, structurel. On ne parvient pas à lutter contre.

Causes du chômage :

Le taux de chômage a des origines qui sont nouvelles et les traitements proposés sont complètement inefficaces. 

 

On observe une redistribution des revenus qui peut être appréhensible à l’échelle mondiale. Auparavant, cette distribution était assez simple et clair (pays riches/pays pauvres) mais bouleversement avec des pays qui s’en sortent mieux aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres = complexification. 

Les EU tirent partie de cette situation car ils sont eux-mêmes producteurs de pétrole, pour eux la facture pétrolière ne s’alourdit pas et ils peuvent dans une moindre mesure exporter leur pétrole à coût – élevé alors que la décision de l’OPEP visait les EU.

Des victimes comme les européens et le Japon avec des revenus qui s’amoindrissent ainsi que dans les pays pauvres : au profit du Moyen-Orient (9 milliards de $ à 57) au détriment d’autres pays sous développés qui sont obligés d’acheter leur pétrole ou de vendre des matières premières toutefois inférieure au prix du pétrole.

 

La crise du choc pétrolier aggrave les inégalités au sein du TM et certains en font les frais sévèrement.

Cette crise inédite contribue à imposer une nouvelle évolution économique tout au long des années 80 et 2000.

 

 

1.3. Une histoire économique cyclothymique.

 

 

Les termes des « Trente Glorieuses » et « Trente piteuses » (années 70-2000) sont abusives l’une comme l’autre : dans les TG, déjà des difficultés économiques et les TP ne sont pas si moroses d’un pays à l’autre.

 

1ère période : 1973–85 :

Période des chocs pétroliers et monétaires dont la Guerre du Kippour en est un catalyseur, elle est due à un certain nombre de difficultés mais l’OPEP avait commencé à ↑ le prix du pétrole dès 1960 et dès 72, l’OPEP avait réduit sa production. D’autre part, les bouleversements monétaires sont antérieurs à 73 avec la dévaluation du $. On peut considérer que le choc pétrolier de 73 n’est qu’une réponse de l’OPEP aux pays riches pour maintenir son pouvoir d’achat puisqu’on vend en $ qui est déprécié.

1979 : 2ème choc pétrolier lié à la révolution iranienne. L’Iran avait à sa tête le Shah, monarque absolu qui est renversé par l’Ayatollah Khomeiny qui devient un gouvernement coranique.

Forte instabilité dans la région, le pays étant préoccupé par des questions politiques n’exporte plus de pétroles et l’OPEP décide de réduire une nouvelle fois la production pour faire ↑ les prix du pétrole. Effets ralentis car on a découvert du pétrole ailleurs en mer du Nord (Norvège) mais aussi au Mexique et au Nigeria : ces nouvelles sources ont permis d’atténuer le prix du pétrole.

Dès 1980-1982, le prix du pétrole recule et est divisé par 4 du fait d’une quantité supplémentaire. A ce moment, aux EU, nouveau gouvernement Reagan qui mène une politique monétaire en réévaluant la monnaie et en relevant les taux d’intérêts, qui a pour effet de relancer l’afflux de capitaux vers les EU. Cette décision est liée au fait que les exportations sont faciles mais que l’importation est très chère.

 

2ème période : 1986– 90

La reprise survient. Les EU sont les 1ers  sortis : les taux de croissance sont supérieurs à 3% L’inflation baisse de manière drastique surtout en Allemagne et au Japon (Japon : 20% à 2% ~).

 

3ème période : années 90 :

Reprise plus forte, presqu’une fin de crise, qui donne une vision schumpétérienne de l’économie car cette reprise est liée à de nouvelles technologies (informatique, NTIC…). Les entreprises n’hésitent plus à investir, l’investissement repart, la production redémarre et la consommation s’élève. Les produits coutent moins chers sur la facture pétrolière.

L’ensemble des pays occidentaux sont concernés excepté le Japon qui dans les années 90 subit une forme de récession jusque la crise des pays asiatiques.

 

Conclusion : Cette période des années 70 au années 2000 ne mérite pas le nom de crise car on parle de récession mais surtout de « nouvelle économie » dans laquelle la prospérité n’est pas forcément liée à une forte croissance, et qu’elle peut être avec du chômage et de l’inflation. La prospérité n’est pas Kaldor.